Page:Adam (Lamber) – Païenne, 1883.djvu/70

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J’ai, grâce à toi, gravi, touché les sommets de la passion, je refuse d’en descendre pour retomber dans la vie réelle.

Tu as donc reçu un secret jusque-là inconnu, que ta seule volonté ait suffi pour m’ouvrir une vie nouvelle, tout un étincelant domaine de joie, d’ivresse, d’extase ! Je te suis désormais attaché comme l’esprit à la chair, et, si tu voulais te reprendre, tu mourrais comme meurt le corps que l’âme abandonne.

Je ressens comme un cruel besoin de t’absorber ou de m’abîmer en toi. Ce qui domine en ce moment les sensations terribles et confuses qui m’assiègent, c’est comme un violent appétit de mourir dans tes bras, si je ne désirais survivre pour t’aimer davantage.