Page:Adam (Lamber) – Païenne, 1883.djvu/93

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À MÉLISSANDRE

La longue séparation ! Je compte les heures. En dépit des tristes émotions qui m’assiègent, je vois toujours flotter devant mes yeux ton adorable image. Grâce à elle, je conserve un peu de force. Seule la certitude de pouvoir compenser les ennuis de notre éloignement par ma tendresse me soutient. Quel arriéré d’amour tu me devras ! Je sens grandir loin de toi ma passion. Mon cœur devient trop étroit pour la contenir, et je sens que, si elle ne se mêle pas à chaque instant à la tienne, sa violence me brisera. Conviens, Mélissandre, que le mystère de notre union a ses cruautés, puisqu’il m’est interdit d’aller m’asseoir à ton chevet, quand tu souffres.