Page:Adam - Mémoires des hommes du temps présent, paru dans Le Figaro, 10 septembre 1893.djvu/16

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» Ceux qui souffraient, qui refusaient de se noyer, qui se débattaient étaient rejetés à la côte, reprenaient pied, redevenaient des gens comme les autres, par leur contact avec la terre et surtout avec les humbles. Combien de fois me suis-je reprise au milieu des paysans ? Combien de fois Nohant m’a-t-il sauvée de Paris ?

» Aujourd’hui, mon enfant, la vie que nous avons vécue, moi et les hommes de mon temps et de mon milieu, n’est plus possible. Il n’y a plus trace de cette caste artistique qui succédait à une caste militaire, qui elle-même avait succédé à une caste aristocratique ; la France s’est fondue et, selon la loi divine, tout y est dans tous. On n’écrit plus, on ne pense plus, on ne peint plus pour le petit mais pour le grand nombre.