Page:Adolphe Orain - Contes du Pays Gallo.djvu/264

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

LES DEUX CHIFFONNIERS


Une pauvre veuve avait deux gars qu’elle eut bien de la peine à élever. Quand ils furent en âge de gagner leur vie, elle leur dit : « Mes enfants je vais vous partager les petites éliges[1] que j’ai là, dans un bas, et qui représentent bien des nuits passées à tourner mon rouet. Vous achèterez, avec cet argent, des épingles, des aiguilles, des lacets que vous irez offrir, de ferme en ferme, en échange de vieux chiffons qu’on vous remettra et que vous irez vendre à la ville. »

Ils quittèrent, le cœur gros, leur mère qu’ils aimaient bien, et la cabane où ils étaient nés. Comme en allant ensemble ils se faisaient concurrence, ils résolurent de se

  1. Économies.