Page:Adolphe de Coston - Étymologies des noms de lieu de la Drôme.djvu/98

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département de l’Hérault ; on trouve aussi dans les Pyrénées le Lech, le Léech, la Lesch, le Leck, la Lys, etc. Forstemann[1] cite comme ayant le sens de cours d’eau, en t., leich, leck, lek, laïka, like, et il les rapproche d’une série de noms rappelant l’idée d’eau ou de lac, tels que Louech, Loch, Luchon etc. ; v. § V, v.o Luc.

La Lionne, qui arrose le Royannais, est appelée Liona en 1174 (Cart. de Léoncel, p. 24). Ce nom paraît avoir eu primitivement la signification de cours d’eau et appartenir à la même série que ceux des deux rivières appelées Lyon, dans le Perth et dans l’Inverness ; que le Loin, dans le Banff ; la Line, dans le Cumberland (Taylor, p. 215) ; la Leine, en Hanovre ; la Ligne, en Anjou ; la Lègne, en Champagne ; la Lène, dans l’Hérault ; la Liane, dans le Pas-de-Calais ; de même que la Lène (Drome), ces affluents devraient leur nom au même radical que les mots de lyn et lyan, que L. de Bochat[2] cite comme ayant le sens de cours d’eau en néo-celtique.

L’abbaye de Léoncel, bâtie près d’une des deux sources de la Lionne, a été peuplée, en 1137, par une colonie de religieux venus de Bonnevaux[3]. Léoncel est appelé Abbatia Fontis Lionne en 1154 ; Fontis Lione en 1171 ; Fontis Leone en 1150 ; Fontis Leonne en 1165 ; et plus tard Leoncellum, Lioncellum, Liuncellum, Lyoncellum[4], c’est-à-dire abbaye ou couvent de la Lionne (cellum pour cella). La famille de Lionne, anoblie en 1580, éteinte en 1731[5], et arrivée si rapidement à la fortune et aux honneurs, était originaire de Saint-André-en-Royans, situé à quelques kilomètres de la Lionne. On montrait encore, il y a une cinquantaine d’années, l’humble maison qui servit de

  1. Die Deutchen Ortsnamen, p. 34 ; — Morris, The etymology of local names, p. 42.
  2. Mémoires critiques sur la Suisse, t. III, p. 463 et 425.
  3. L’abbé Nadal, Histoire hagiologique du diocèse de Valence, p. 577.
  4. L’abbé Chevalier, Chartularium de Leoncello, passim.
  5. A. Rochas, Biographie du Dauphiné, t. II, p. 84 et 86. Un officier d’artillerie porte cependant le titre et le nom de comte de Lyonne.