Page:Agoult - Histoire des commencements de la république des Pays-Bas - 1581-1625.djvu/82

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politique. Mais les choses ne se dessinaient pas alors avec une netteté aussi parfaite. La politique des états, l’esprit des différentes provinces et des différentes villes étaient trop mélangés de sentiments contradictoires pour arriver de prime abord à une conclusion aussi simple. L’ascendant personnel de Guillaume était grand dans les provinces du Nord mais son autorité, variable au gré de l’événement et toujours contestée, n’avait jamais été ni définie ni consacrée d’une manière précise. L’origine historique de cette autorité, c’était le pouvoir royal ; plusieurs années encore après le soulèvement, tous les actes de souveraineté avaient continué, dans la forme, à émaner du roi. Le premier pas que le prince d’Orange avait fait vers une autorité indépendante avait été de recevoir des états de Hollande et de Zéelande, assemblés de leur propre mouvement à Dordrecht, le 15 juillet 1572, des pouvoirs extraordinaires pour tout le temps que durerait la guerre. Peu à peu, par la nécessité de faire face aux événements imprévus quand les états n’étaient pas assemblés, ces pouvoirs étaient devenus presque absolus entre les mains du général d’armée. Le prince d’Orange avait pour lui la noblesse qui le regardait comme son chef, plusieurs villes auxquelles il avait accordé le droit de voter, le peuple des campagnes, exclu par l’aristocratie municipale de toute part au gouvernement, et qui préféra toujours avoir affaire à un chef unique plutôt qu’à plusieurs maitres mais la bourgeoisie républi-