Page:Ahern - Les maladies mentales dans l'œuvre de Courteline, 1920.djvu/4

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manifestation d’une joie, c’est-à-dire, d’une expansion, d’une augmentation vivement sentie par nous, de notre personnalité ».

Georges Courteline, de son vrai nom, Georges Moinaux, était fils de Jules Moinaux, l’humoriste des « Tribunaux comiques », des « Gaietés bourgeoises », et qu’on pourrait appeler le précurseur littéraire de son fils. Celui-ci naquit à Tours en 1860, et fit ses études au Collège de Meaux, où il fut, d’après Pierre Mille, un élève ennuyé, morose et peu studieux. Il nous le dit lui-même d’ailleurs, dans « l’Œil de veau »[1], où il rappelle un souvenir de sa vie de collégien. À sa sortie du collège, il fut successivement contrôleur à l’administration centrale des Bouillons Duval ; chasseur à cheval en garnison à Bar-le-Duc, où il composa « Les Gaietés de l’Escadron » et « Le Train de 8 heures 47 » ; puis commis expéditionnaire au Ministère des Cultes, où il conçut l’idée de « MM. les Ronds-de-Cuir. » En 1894, il fut mis en disponibilité, mais depuis longtemps déjà, il jouissait d’une agréable tranquillité grâce à un collègue qui, en échange de la moitié de ses appointements, se chargeait d’accomplir sa besogne à sa place, et d’apposer chaque jour, à côté de la sienne, sa signature sur le registre de présence.

Après sa mise en disponibilité, il se livra exclusivement au journalisme et à la littérature. La Comédie-Française joua, de lui, « La Conversation d’Alceste » et mit à son répertoire « La paix chez soi ». Pierre Mille, à qui j’emprunte ces détails biographiques, ajoute : « Courteline est un des plus grands écrivains français, encore qu’il dise de lui-même : Moi ? mais je ne suis qu’un petit sculpteur de pommes de parapluie »[2].

Georges Pélissier, dans son Anthologie des Prosateurs français

  1. G. Courteline : Lidoire et la Biscotte, p. 83.
  2. Pierre Mille : Anthologie des Humoristes Français contemporains, 99. 328.