Page:Aicard - La Poésie, 1909, éd. Calvet.djvu/12

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AVANT-PROPOS

traire signaler les meilleures qualités, avec exemples à l’appui. J’ai Vu dans la poésie de Jean Aicard une lutte constante, qui dure depuis quarante ans, pour l’idéal : il m’a semblé bon de noter ces efforts et de recueillir la leçon qu’ils nous donnent.

Pour les historiens de notre littérature, ce livre peut paraître opportun. Il servira à marquer la place d’un grand artiste, qui ne songe pas à la marquer lui-même. Et cette place est considérable. Quand il fut évident que l’œuvre du Parnasse ne vivrait pas, parce qu’elle était conçue hors de la vie, de nombreuses écoles tâchèrent à vivifier la poésie et à inventer des formules nouvelles. Jean Aicard n’appartient à aucune. Mais tandis que d’autres usaient leur esprit à compliquer les rythmes et à agencer des mots rares, il se contentait d’être le poète des enfants et des mères, de chercher dans l’âme des humbles le point lumineux par où ils sont grands, d’inviter les hommes à se rapprocher dans un idéal de fraternité — et, le premier des grands régionalistes, de faire revivre, pour la donner à la France, la Provence poétique. Puisque ces choses sont certaines, le moment est venu de les dire.