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les forestiers du michigan



que jamais, tournoyant dans l’air en tourbillons blafards, et épaississant le formidable linceul qui couvrait la terre. Évidemment si la tempête continuait ainsi jusqu’au matin, tout trajet dans les bois devait être impraticable : cependant Veghte ne manifesta aucune appréhension à ce sujet ; le mot « impossible » lui était inconnu.

– Je pense maintenant qu’elle doit être affamée, murmura-t-il sans bruit : n’est-ce pas votre opinion, Johnson ?

– Peut-être, d’après les apparences.

– Pauvre petite ! pourquoi n’y avons-nous pas songé ?

– À quoi bon y penser, alors que nous n’avons rien à manger pour nous-mêmes ?

– J’ai une bonne pièce de venaison, répliqua Basil ; ce n’est pas énorme, et pourtant, si elle parvient à l’expédier, elle est plus forte mangeuse qu’elle ne le paraît.

– C’est une Indienne. Ces espèces là peuvent jeûner sans que ça y paraisse.

– C’est peut-être une sorcière ! fit Veghte d’un air prodigieusement fin ; qui sait si nous ne la verrons pas s’envoler au point du jour avec