Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/103

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en réponds, ne se laissera pas surprendre pendant notre absence. Du reste, réfléchissez, cela vous regarde ; seulement je vous ferai observer que nous sommes dans des circonstances assez critiques pour que toutes considérations secondaires soient mises de côté. Canarios ! ami ! songez qu’il y va peut-être du salut de tous !

— Vous avez raison, frère, dit résolument le jeune homme ; qui sait si je n’aurais pas à me reprocher votre mort et celle de nos compagnons si je négligeais cet avis ? Je pars.

— Bon ! fit le chasseur, partez ; pour moi, je sais ce qui me reste à faire. Soyez tranquille, ajouta-t-il avec son rire sardonique, vous irez seul au rendez-vous ; mais si vous aviez besoin d’aide, je ne serais pas long à paraître.

— Fort bien ! mais il s’agit de sortir d’ici sans être vu et de gagner la colline de l’Elk en échappant aux milliers de regards de chats-tigres que les Apaches fixent probablement sur nous en ce moment.

— Fiez-vous à moi pour cela, dit le chasseur.

En effet, quelques minutes plus tard don Pablo, guidé par Valentin, gravissait la colline de l’Elk sans avoir été dépisté par les Apaches.

Cependant la Gazelle blanche attendait toujours, le corps penché en avant et l’oreille tendue, un bruit quelconque qui lui révélât la présence de celui qu’elle avait si instamment prié de venir.

Tout à coup une rude main s’appesantit sur son épaule et une voix moqueuse murmura à son oreille :

— Hé ! niña, que faites-vous donc si loin du campement ? est-ce que vous avez peur que vos ennemis ne s’échappent ?