Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/105

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qui m’arrivera demain ! Je trouve, au contraire, l’heure supérieurement choisie : nous sommes seuls, nul ne peut nous entendre ; qu’est-ce qui nous empêche de nous avouer franchement que nous nous adorons ?

— Personne, si cela était vrai, répondit résolument la jeune fille ; mais je ne suis pas d’humeur à écouter plus longtemps vos sornettes ; ainsi faites-moi le plaisir de vous retirer. J’attends ici le détachement de guerre des Bisons apaches qui ne tardera pas à arriver et à prendre position sur cette colline ; au lieu de perdre un temps précieux, vous feriez mieux de rejoindre le Cèdre-Rouge et Stanapat, avec lesquels vous devez arrêter tous les détails de l’attaque de demain.

— C’est vrai, répondit le bandit que ces paroles avaient un peu dégrisé ; vous avez raison, niña, je m’en vais ; mais ce qui est différé n’est pas perdu : j’espère, un autre jour, vous retrouver moins farouche, ma colombe. Au revoir !

Et, tournant insoucieusement sur lui-même, le bandit jeta son rifle sur l’épaule et descendit la colline dans la direction du camp des Apaches.

La jeune Espagnole, demeurée seule, se félicita d’avoir échappé au danger qui l’avait un instant menacée, car elle avait tremblé que don Pablo n’arrivât pendant que Nathan était avec elle.

Cependant la nouvelle de la jonction du Cèdre-Rouge avec sa bande augmentait encore les appréhensions de la Gazelle blanche et redoublait ses inquiétudes pour ceux qu’elle avait résolu de sauver coûte que coûte.

Au moment où elle n’espérait plus voir le jeune homme et où elle ne regardait plus que par acquit de