Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/107

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perdre, vous voulez dire, reprit don Pablo avec un sourire de mépris, me croyez-vous si niais ? Allons, soyez franche au moins, votre projet a réussi, je suis entre vos mains ; faites paraître vos complices qui sont sans doute cachés derrière ces massifs de broussailles, je ne leur ferai pas l’honneur de leur disputer ma vie !

— Mon Dieu, mon Dieu ! s’écria la jeune fille en se tordant les mains avec désespoir, suis-je assez punie ? Don Pablo, au nom du ciel, écoutez-moi ! Dans quelques instants il sera trop tard ; je veux vous sauver, vous dis-je !

— Vous mentez impudemment, madame, s’écria Valentin qui apparut en s’élançant d’un buisson ; il n’y a qu’un instant, à cette place même où vous êtes, vous annonciez à Nathan, le digne fils de votre complice le Cèdre-Rouge, l’arrivée d’un détachement de guerre apache ; osez dire que ce n’est pas vrai !

Cette révélation fut un coup de foudre pour la jeune fille. Elle comprit qu’il lui serait impossible de désabuser celui qu’elle aimait et de le convaincre de son innocence devant cette preuve en apparence si évidente de sa trahison.

Elle se laissa tomber accablée sur le sol aux pieds du jeune homme.

— Oh ! dit celui-ci avec dégoût, cette misérable est mon mauvais génie.

Il fit un mouvement pour se retirer.

— Un instant, s’écria Valentin en l’arrêtant, cela ne peut finir ainsi ; terminons-en une bonne fois avec cette créature avant qu’elle ne nous fasse massacrer.

Après avoir armé un pistolet, il en appuya froidement le canon sur la tempe de la jeune femme, qui