Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/131

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— Ne me remerciez pas, pauvre enfant ; adressez à Dieu vos actions de grâce, car c’est lui seul qui a tout fait. Maintenant, laissez-moi m’occuper de ce malheureux qui souffre et dont l’état misérable réclame tous mes soins.

Et éloignant doucement la jeune fille, le père Séraphin ouvrit sa boîte à médicaments, qu’il prit au pommeau de sa selle, et se mit en devoir de panser le blessé.

Cependant les Indiens s’étaient rapprochés peu à peu.

Voyant ce dont il s’agissait, ils avaient mis pied à terre, afin de préparer le campement ; car ils prévoyaient que dans l’état où se trouvait le Cèdre-Rouge, le missionnaire passerait la nuit dans cet endroit.

Un campement de nuit est bientôt établi par les Indiens dans la prairie.

La personne qui accompagnait le père Séraphin était une femme d’un âge déjà fort avancé, mais dont les traits ennoblis par la vieillesse avaient une expression de bonté et de grandeur peu commune.

Dès qu’elle vit que le missionnaire se préparait à panser le blessé, elle s’approcha en lui disant d’une voix douce.

— Ne puis-je pas vous être bonne à quelque chose, mon père, et vous aider dans ce que vous allez entreprendre ? vous savez que j’ai hâte de faire mon apprentissage de garde-malade.

Ces paroles furent prononcées avec un accent de bonté indicible.

Le prêtre la regarda avec une expression sublime, et, lui prenant la main, il l’obligea à se pencher sur le corps du blessé toujours immobile.