Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/146

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sous les splendides arceaux de pierre noircie par le temps, aux murmures imposants de l’orgue qui résonne sous les archivoltes, les cérémonies du culte ont lieu avec plus d’apparat ; mais je doute que ce soit avec plus de magnifique simplicité, qu’elles élèvent autant l’âme et soient écoutées avec une ferveur aussi grande que cette messe dite au milieu d’un bois, sous les verdoyants arceaux d’une forêt vierge, accompagnée par les saisissantes mélodies du désert, par ce pauvre prêtre au front pâle, aux yeux brillants d’un saint enthousiasme, et qui priait pour son assassin râlant à ses pieds.

Lorsque la messe fut terminée, le père Séraphin fit un signe, quatre Indiens enlevèrent le brancard sur leurs épaules et on partit.

Ellen était montée sur un des chevaux des hommes qui portaient le blessé.

La journée fut longue.

Le père Séraphin avait quitté Galveston pour se mettre à la recherche de Valentin, mais un chasseur habitué à parcourir de grandes distances et dont la vie se compose de courses incessantes est fort difficile à découvrir dans le désert ; le missionnaire comptait donc se rendre au village d’hiver des Comanches de l’Unicorne, où il était certain d’obtenir des renseignements exacts sur l’homme qu’il voulait voir.

Mais sa rencontre avec le Cèdre-Rouge l’empêchait de mettre ce projet à exécution ; l’Unicorne et Valentin avaient des griefs trop grands contre le squatter pour que le missionnaire se flattât qu’ils renonçassent à se venger.

Le père Séraphin connaissait trop bien l’esprit et les mœurs de ces hommes que la vie du désert rend