Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/147

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malgré eux implacables, pour que la pensée lui vînt d’essayer une telle démarche.

La conjoncture était difficile ; le Cèdre-Rouge était un proscrit dans toute la force du terme, un de ces proscrits dont heureusement le nombre est fort restreint, qui ont le genre humain pour ennemi et auxquels toute contrée est hostile.

Il fallait pourtant sauver cet homme.

Après de mûres réflexions, la résolution du père Séraphin fut prise.

Il se dirigea, suivi de toute sa troupe, vers la grotte où déjà nous l’avons rencontré, grotte qui servait assez habituellement d’habitation au Chercheur de pistes, mais dans laquelle, selon toute probabilité, il ne serait pas en ce moment.

Par suite d’un hasard extraordinaire, le missionnaire passa sans les voir et, sans être vu d’eux à une portée de pistolet au plus du lieu où, en ce moment, Valentin et ses amis étaient campés.

Au coucher du soleil, on s’installa pour la nuit.

Le père Séraphin enleva l’appareil qu’il avait posé sur les blessures du Cèdre-Rouge et le pansa. Celui-ci se laissa faire sans paraître s’apercevoir qu’on lui donnait des soins ; son abattement était extrême.

Les blessures avaient bonne apparence ; celle de l’épaule était la plus sérieuse, cependant tout faisait présager un rétablissement prochain.

Quand on eut pris le repas du soir, fait la prière en commun, et que les Indiens, roulés dans leurs couvertures et leurs robes de bison, se furent étendus sur l’herbe pour chercher le repos et se délasser des fatigues du jour, le missionnaire, après s’être assuré que le Cèdre-Rouge dormait paisiblement, fit signe