Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/150

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parées aux siennes, et vous espérerez, car la Providence n’est pas aveugle : lorsqu’elle s’appesantit lourdement sur une créature, c’est qu’elle se prépare à la récompenser au centuple de ce qu’elle a souffert.

— Hélas ! mon père, répondit tristement Ellen, je ne suis qu’une misérable enfant sans force et sans courage ; le fardeau qui m’est imposé est bien lourd ; cependant, si c’est la volonté du Seigneur qu’il en soit ainsi, que son saint nom soit béni ! je tâcherai d’étouffer les sentiments de révolte qui parfois s’éveillent dans mon cœur et de lutter sans me plaindre contre le sort qui m’accable.

— Bien, ma fille, bien, dit le prêtre ; le Dieu puissant qui sonde les cœurs aura pitié de vous.

Alors il la fit lever et la conduisit à quelque distance, où un lit de feuilles sèches avait été préparé par ses soins.

— Tâchez de dormir, mon enfant, lui dit-il, la fatigue vous accable ; quelques heures de sommeil vous sont indispensables.

— Je tâcherai de vous obéir, mon père.

— Que les anges veillent sur votre sommeil, mon enfant, reprit le prêtre, et que le Tout-Puissant vous bénisse comme je le fais !

Puis il revint tout pensif et à pas lents reprendre sa place près de la mère de Valentin.

Ellen se laissa aller sur sa couche, où, malgré ses appréhensions, le sommeil ne tarda pas à clore ses paupières.

La nature a certains droits qu’elle n’abandonne jamais, et le sommeil, qui nous a été donné par Dieu pour oublier temporairement nos douleurs, est un de