Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/171

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tre tant de hâte à me séparer de vous, mon père ?

— Nullement, rassurez-vous.

Tout en causant ainsi, nos trois personnages avaient descendu le versant de la montagne, sur lequel s’ouvrait la grotte, et étaient arrivés dans le ravin.

Trois chevaux sellés les attendaient, tenus en bride par un Indien.

— Dans le désert, dit le missionnaire, il est presque impossible, à cause des grandes distances que l’on a à parcourir, de se passer de chevaux ; vous me ferez donc le plaisir de garder ceux-ci.

— Mais, mon père, dit le squatter, c’est trop, c’est beaucoup trop ; vous me comblez, véritablement.

Le père Séraphin secoua la tête.

— Comprenez-moi bien, dit-il ; il entre dans tout ce que je fais pour vous beaucoup plus de calcul que vous ne le supposez.

— Oh ! fit le Cèdre-Rouge.

— Du calcul dans une bonne action ! s’écria Ellen avec incrédulité ; vous raillez, mon père.

— Non, mon enfant, je parle sérieusement, vous allez me comprendre : j’ai tâché de si bien arranger la vie de votre père, de le mettre si complètement à même de devenir un brave et honnête chasseur, qu’il lui soit impossible de trouver le plus léger prétexte pour retourner à ses anciennes erreurs, et que toute la faute soit de son côté s’il ne persévère pas dans la résolution qu’il a prise de s’amender.

— C’est vrai, répondit le Cèdre-Rouge. Eh bien, mon père, je vous remercie de ce calcul, qui me fait le plus heureux des hommes et me prouve que vous avez confiance en moi.

— Allons ! allons ! à cheval.