Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/172

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— Mais, dit Ellen, nous ne pouvons, il me semble, partir ainsi.

— C’est juste, appuya le squatter. Qu’est-ce que je fais donc, moi, où ai-je la tête ?

— Que voulez-vous dire ?

— Dame, il y a une personne qui a bien voulu vous aider dans les soins que vous m’avez prodigués, mon père ; la bonté de cette personne pour moi ne s’est pas démentie un instant ; je suis reconnaissant à ma fille de m’avoir fait songer à ne pas être ingrat envers elle et à ne pas quitter la grotte sans lui adresser l’expression de…

— C’est inutile, interrompit vivement le missionnaire ; cette dame est un peu souffrante en ce moment, elle m’a chargé de vous témoigner tout l’intérêt qu’elle vous porte et combien elle désire vous savoir à l’abri de tout danger.

Le Cèdre-Rouge et sa fille n’insistèrent pas ; ils comprirent que le missionnaire, pour des raisons particulières, désirait briser sur ce sujet ; ils se mirent en selle sans appuyer davantage sur une chose qui paraissait déplaire à leur bienfaiteur.

Le squatter ignorait que la femme qui l’avait soigné était la mère de Valentin Guillois, son ennemi mortel ; le père Séraphin avait fait promettre à Ellen de ne pas divulguer ce secret à son père, et la jeune fille l’avait tu sans chercher à découvrir les raisons du silence qui lui était imposé.

Poussée par la charité et la noblesse qui faisaient le fond de son caractère, la mère du chasseur, renfermant dans son cœur tous les sentiments de répulsion que lui inspirait le Cèdre-Rouge, l’avait, tant qu’il s’était trouvé en danger, soigné avec