Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/175

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tant sur son cheval que le squatter lui avait amené.

— Mais j’espère, dit le Cèdre-Rouge, que votre absence ne sera pas longue, mon père, et que vous vous souviendrez de ce jacal, où se trouvent deux personnes qui vous doivent tout.

— Je veux vous laisser libre de vos actions. Si je venais trop souvent, vous pourriez voir dans mes visites une espèce d’inquisition dont l’impression serait fâcheuse pour vous ; cependant je viendrai, n’en doutez pas.

— Vous ne viendrez jamais trop, mon père, dirent-ils tous deux en lui pressant et lui baisant les mains.

— Adieu, soyez heureux, reprit le missionnaire avec attendrissement ; vous savez où me trouver si vous avez besoin de consolation ou de secours. Venez, je serai toujours prêt à vous aider de tout mon pouvoir ; si peu que je sois, Dieu, j’en suis convaincu, bénira mes efforts. Adieu !

Après avoir prononcé ces mots, le missionnaire éperonna son cheval et s’éloigna au grand trot.

Le Cèdre-Rouge et sa fille le suivirent des yeux tant qu’ils purent l’apercevoir.

Lorsqu’il eut disparu enfin de l’autre côté de la rivière dans les fourrés de la prairie, ils poussèrent un soupir et entrèrent dans le jacal.

— Digne et sainte créature ! murmura le squatter en se laissant tomber sur une butaque. Oh ! je ne veux pas tromper l’espoir qu’il a fondé sur ma conversion !

Ce n’était donc pas une comédie que jouait le Cèdre-Rouge !