Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/19

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se pencha vivement sur son corps et sembla chercher dans ses vêtements.

— Celui-là, qui était-ce ?

— Fray Ambrosio ! Je crois même me souvenir qu’il s’éloigna du pauvre chasseur avec un mouvement de joie mal contenue et en cachant dans sa poitrine quelque chose que je ne pus distinguer.

— Nul doute, c’est lui qui s’est emparé du coffret.

— C’est probable, mais je ne saurais l’affirmer, j’étais, je vous le répète, mon ami, dans un état qui me mettait dans l’impossibilité de rien apercevoir clairement.

— Mais, dit don Pablo qui suivait son idée, qu’est devenu Fray Ambrosio ?

— Je ne le sais ; après le tremblement de terre, mon père et ses compagnons s’élancèrent dans des directions différentes, chacun cherchant son salut dans la fuite. Mon père, plus que tout autre, avait intérêt à faire perdre ses traces. Le moine nous quitta presque immédiatement ; depuis, je ne l’ai plus revu.

— Le Cèdre-Rouge n’en a pas parlé devant vous ?

— Jamais.

— C’est étrange ! N’importe, je vous jure, Ellen, que je le retrouverai, moi, dussé-je le poursuivre jusqu’en enfer ! C’est lui, c’est ce misérable qui s’est emparé du coffret.

— Don Pablo, dit la jeune fille en se levant, le soleil se couche, mon père et mes frères ne vont pas tarder à rentrer ; il faut nous séparer.

— Vous avez raison, Ellen, je vous quitte.

— Adieu, don Pablo, l’orage éclate, qui sait si vous arriverez sain et sauf au campement de vos amis ?

— Je l’espère, Ellen ; mais si vous me dites adieu,