Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/191

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— Je sais que mon frère est un grand guerrier, reprit le prêtre ; ses coups sont nombreux, les Apaches fuient à son aspect. Mon frère a-t-il rencontré les jeunes hommes de sa tribu ?

— L’Araignée les a rencontrés ; ils chassaient le bison sur le Gila.

— Leur grand chef l’Unicorne était-il avec eux ?

— L’Unicorne était avec les guerriers.

— Bon ! Mon frère a l’œil du chat-tigre, rien ne lui échappe. A-t-il rencontré le grand chasseur pâle ?

— L’Araignée a fumé le calumet avec Koutonepi et plusieurs guerriers amis du chasseur pâle, accroupis autour de son foyer.

— Mon frère a parlé à Koutonepi ? reprit le missionnaire.

— Oui, Koutonepi se félicite du retour du père de la prière qu’il n’espérait plus revoir. Lorsque le walkon aura chanté pour la deuxième fois, Koutonepi sera près de mon père avec ses compagnons.

— Mon frère est un guerrier sage et adroit ; je le remercie de la façon dont il a su remplir la mission dont il s’était chargé, mission dont aucun autre guerrier ne se serait acquitté avec autant de prudence et de finesse.

À ce compliment mérité, un sourire de joie et d’orgueil plissa les lèvres de l’Indien, qui se retira après avoir respectueusement baisé la main du missionnaire.

Le père Séraphin se tourna alors vers Mme Guillois, qui attendait anxieuse le résultat de cette conversation, cherchant à lire dans les regards du prêtre ce qu’elle devait craindre ou espérer. Il lui prit la main, la lui serra doucement, et lui dit avec cet accent sympathique qu’il possédait au suprême degré :