Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/194

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Dieu vous récompensera ; moi je ne puis que vous dire merci !

Le missionnaire sourit doucement.

— Je suis heureux de vous voir heureuse, fit-il avec bonhomie.

Ils regardèrent.

Cependant le soleil s’abaissait rapidement à l’horizon ; peu à peu l’obscurité envahit la terre ; les objets se confondaient ; il fut impossible de rien apercevoir même à une courte distance.

— Rentrons, dit le père Séraphin, le froid de la nuit pourrait vous saisir.

— Bah ! fit-elle en haussant les épaules, je ne sens rien.

— D’ailleurs, reprit-il, les ténèbres sont si épaisses que vous ne pourrez pas le voir.

— C’est vrai, répondit-elle avec âme, mais je l’entendrai !

Il n’y avait rien à répondre. Le père Séraphin le comprit ; il baissa la tête et reprit sa place auprès de Mme Guillois.

— Pardonnez-moi, mon père, dit-elle, mais la joie me rend folle !

— Vous avez assez souffert, pauvre mère ! répondit-il avec bonté, pour avoir enfin aujourd’hui le droit de jouir d’un bonheur sans mélange. Faites donc à votre guise sans craindre de me causer de la peine.

Une heure environ s’écoula ainsi sans qu’une parole fût prononcée entre eux. Ils écoutaient.

Cependant la nuit se faisait de plus en plus sombre, les bruits du désert plus imposants.

La brise du soir s’était levée ; elle mugissait sour-