Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/196

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de leurs chevaux retentissait avec un bruit extrême.

— Pied à terre, messieurs ! cria une voix forte, pied à terre ! nous sommes arrivés.

— C’est lui ! c’est lui ! fît-elle, avec un mouvement comme pour s’élancer en avant ; c’est lui qui a parlé, j’ai reconnu sa voix.

Le missionnaire la retint entre ses bras.

— Que faites-vous ? s’écria-t-il, vous allez vous briser.

— Pardon, mon père, pardon ; mais en l’entendant parler, je ne sais quelle émotion j’ai éprouvée, quelle commotion j’ai reçue au cœur, je n’ai plus été maîtresse de moi et je me suis élancée.

— Un peu de patience, le voilà qui monte ; dans cinq minutes il sera dans vos bras.

Elle se rejeta vivement en arrière.

— Non, dit-elle, pas ainsi, pas ainsi, la reconnaissance serait trop brusque ; laissez-moi savourer mon bonheur sans en perdre une parcelle, je veux qu’il me devine comme je l’ai deviné, moi !

Et elle entraîna rapidement le père Séraphin dans la grotte.

— C’est Dieu qui vous inspire, dit-il ; oui, cette reconnaissance serait trop brusque, elle vous tuerait tous deux.

— N’est-ce pas, fit-elle avec joie, n’est-ce pas, mon père, que j’ai raison ? Oh ! vous verrez, vous verrez. Cachez-moi dans un endroit où je puisse tout voir et tout entendre sans être vue ; hâtez-vous, hâtez-vous, le voilà.

La caverne, ainsi que nous l’avons dit, était immense, elle se divisait en une infinité de compartiments qui communiquaient tous les uns aux autres ;