Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/212

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— Ma mère, dit Valentin, vous n’êtes pas encore au fait des usages indiens ; ne vous effrayez ni de ce que vous verrez ni de ce que vous entendrez.

— Ne suis-je pas auprès de toi ? dit-elle ; de quoi puis-je avoir peur ?

— Oh ! dit-il avec joie, vous êtes bien véritablement la mère forte de l’Évangile !

— Hélas ! répondit-elle avec un soupir étouffé, tu te trompes, mon enfant ; je ne suis qu’une pauvre vieille femme qui aime son fils, voilà tout…


XIX.

Le Blood’s Son.

La Gazelle blanche avait rejoint le Blood’s Son.

Celui-ci était campé avec sa troupe sur le sommet d’une colline d’où il dominait au loin la prairie.

C’était le soir, les feux étaient déjà allumés pour la nuit, et les partisans, réunis autour des brasiers, soupaient gaiement.

Le Blood’s Son fut charmé de revoir sa nièce. Tous deux eurent ensemble une longue conversation à la suite de laquelle le vengeur, ainsi qu’il se nommait lui-même, ordonna au ranchero de s’approcher.

Malgré toute son impudence, ce ne fut pas sans un secret sentiment de terreur que le digne Andrès Garote se trouva en face de cet homme dont les regards semblaient vouloir lire ses pensées les plus cachées au fond de son cœur.

La réputation du Blood’s Son était trop bien établie