Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/214

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— Comment cela ?

— Vous en voulez au Cèdre-Rouge, n’est-ce pas ?

— Que t’importe, drôle ? répondit brusquement le Blood’s Son.

— À moi, cela ne me fait rien du tout, d’autant plus que je ne lui dois ni obligations, ni services ; seulement, vous, c’est autre chose, seigneurie.

— Qu’en sais-tu ?

— Je le suppose, seigneurie ; aussi ai-je l’intention de vous proposer un marché.

— Un marché ! fit dédaigneusement le Blood’s Son.

— Oui, seigneurie, répondit effrontément le ranchero, et un marché avantageux pour vous, j’ose le dire.

— Et pour toi ?

— Pour moi aussi, naturellement.

Le Blood’s Son se mit à rire.

— Cet homme est fou, dit-il en haussant les épaules, et, se tournant vers sa nièce, il ajouta : Où diable aviez-vous la tête en me l’amenant ?

— Bah ! fit la Gazelle blanche, écoutez-le toujours ; qu’est-ce que cela vous fait ?

— La señora a raison, fit vivement le ranchero : écoutez-moi, seigneurie, cela ne vous engage à rien ; d’ailleurs, vous serez toujours à même de refuser, si ce que je vous propose ne vous plaît pas.

— C’est juste, répondit dédaigneusement le Blood’s Son. Allons, parle, picaro, et surtout sois bref.

— Oh ! je n’ai pas l’habitude de faire de longs discours, allez !

— Voyons, au fait, au fait.

— Le fait, le voici, dit résolument le ranchero.

Vous voulez, je ne sais pourquoi, et cela m’est fort