Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/228

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— Oui.

— De votre fille Ellen, canarios ! Que deviendra-t-elle si vous mourez ? dit le moine avec cette hardiesse des gens peureux qui veulent savoir tout de suite si la mine à laquelle ils ont mis le feu les écrasera.

Le squatter hocha tristement la tête.

— C’est vrai, murmura-t-il en jetant un regard à sa fille.

Le moine sourit, le coup avait porté ; il continua :

— En vous perdant vous la perdez, dit-il ; votre obstination peut causer sa mort, prenez-y garde !

— Que faire ? dit le Cèdre-Rouge.

— Prendre nos précautions, voto de Dios ! Croyez-moi, nous sommes épiés ; rester plus longtemps ici est commettre une grave imprudence.

Les fils du squatter baissèrent affirmativement la tête.

— Il est évident, observa Sutter, que nos ennemis ont découvert nos traces.

— Et qu’ils ne tarderont pas à être ici, appuya Nathan.

— Vous voyez ! reprit le moine.

— Encore une fois que faire ? demanda le Cèdre-Rouge.

— Caspita ! déguerpir le plus tôt possible.

— Où aller à cette époque avancée de l’année ? Bientôt la neige couvrira la terre et interrompra toute communication ; abandonner le jacal est nous exposer à mourir de faim.

— Oui, si nous restons dans le désert, fit le moine d’une voix insinuante.

— Où voulez-vous donc aller ? fit le squatter.

— Que sais-je, moi ? les villes ne manquent pas,