Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/268

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— À un ours gris, répondit Valentin.

L’ours gris est l’animal le plus redoutable et le plus justement redouté de l’Amérique. Les Mexicains ne purent réprimer un mouvement de terreur en entendant prononcer le nom de ce terrible adversaire.

— Mais, ajouta Valentin, voici le chef qui revient, tous nos doutes vont être éclaircis. Eh bien ! chef, à qui appartiennent ces traces ?

— Un ours gris, répondit laconiquement Curumilla.

— J’en étais sûr, fît Valentin, et qui plus est, l’animal est de forte taille.

— De la plus grande ; les traces ont huit pouces de large.

— Oh ! oh ! dit l’hacendero, c’est un rude compagnon que nous avons là. Mais dans quel état sont les empreintes, chef ?

— Toutes fraîches ; l’animal a passé il y a une heure à peine.

— Pardieu ! s’écria tout à coup Valentin, voici sa tanière.

Et il montra un large trou béant dans la montagne. Les chasseurs firent un mouvement d’effroi.

— Messieurs, reprit Valentin, vous n’êtes pas plus soucieux que moi de vous mesurer avec un ours gris, n’est-ce pas ?

— Et certes, non ! s’écrièrent les Mexicains.

— Eh bien, si vous m’en croyez, nous ne resterons pas plus longtemps ici ; l’animal est sans doute descendu à son abreuvoir et ne tardera pas à revenir, ne l’attendons pas, et profitons de son absence pour nous éloigner.

Les trois hommes applaudirent avec enthousiasme