Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/328

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Indienne sentait ses yeux s’emplir de larmes et se cachait pour pleurer.

Un matin, un joyeux soleil brillait sur le village, le ciel était bleu, l’air était tiède. Mme Guillois, assise devant son calli, se chauffait frileusement à ce dernier sourire de l’automne, en suivant machinalement, d’un regard voilé, les feuilles jaunies, qu’une légère brise ballottait et faisait tourbillonner dans l’espace. Non loin d’elle les enfants prenaient leurs ébats, courant et se poursuivant avec de gais et frais éclats de rire.

La femme de l’Unicorne vint s’accroupir auprès d’elle, lui prit la main, et la regardant avec intérêt :

— Ma mère se sent mieux ? lui demanda-t-elle de sa voix douce comme celle du rossignol mexicain.

— Merci, chère petite, répondit affectueusement la vieille dame, je suis bien.

— Tant mieux ! répondit le Rayon-de-Soleil avec un charmant sourire, parce que j’ai une bonne nouvelle à annoncer à ma mère.

— Une bonne nouvelle ! s’écria-t-elle vivement en lui lançant un regard perçant ; mon fils serait-il arrivé ?

— Ma mère l’aurait vu déjà, dit la jeune femme avec un ton de léger reproche.

— C’est vrai, murmura-t-elle à voix basse : pauvre Valentin !

Elle laissa tristement tomber sa tête sur sa poitrine.

Le Rayon-de-Soleil la considéra un instant avec une expression de douce pitié.

— Ma mère ne veut-elle pas apprendre la nouvelle que j’avais à lui annoncer ? reprit-elle.

Mme Guillois soupira.