Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/329

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— Parlez, mon enfant, dit-elle.

— Un des grands guerriers de la tribu vient d’entrer dans le village, continua la jeune femme ; l’Araignée a quitté le chef il y a deux jours.

— Ah ! dit insoucieusement la vieille dame en voyant que le Rayon-de-Soleil s’arrêtait ; et où est le chef en ce moment ?

— L’Araignée dit que l’Unicorne est dans la montagne avec ses guerriers ; il a vu Koutonepi.

— Il a vu mon fils ! s’écria Mme Guillois qui savait que les Comanches nommaient ainsi Valentin.

— Il l’a vu, appuya le Rayon-de-Soleil ; le chasseur est avec ses amis à la poursuite du Cèdre-Rouge.

— Et… il n’est pas blessé ? demanda-t-elle avec anxiété.

La jeune Indienne fît une petite moue d’une expression ravissante.

— Le Cèdre-Rouge est un chien et une vieille femme poltronne, dit-elle ; son bras n’est pas assez fort, son œil assez sûr, pour blesser le grand chasseur pâle. Koutonepi est un guerrier redoutable, il méprise les hurlements du coyote.

Il y avait assez longtemps que Mme Guillois habitait parmi les Indiens pour être au courant de leurs expressions figurées ; elle serra avec reconnaissance la main de la jeune femme.

— Votre grand guerrier a-t-il vu mon fils ? lui demanda-t-elle avec intérêt.

— Oui, reprit vivement le Rayon-de-Soleil, l’Araignée a vu le chasseur pâle ; il lui a parlé. Koutonepi lui a remis un collier pour ma mère.

— Un collier ? fit-elle avec étonnement et ne