Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/330

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comprenant pas ce que l’Indienne lui disait ; que veut-il que j’en fasse ?

Le visage du Rayon-de-Soleil prit une expression sérieuse.

— Les blancs sont de grands sorciers, dit-elle : ils savent faire de puissantes médecines ; avec des figures tracées sur l’écorce du bouleau ils se communiquent leurs pensées à de grandes distances ; l’espace n’existe pas pour eux. Ma mère ne veut-elle pas recevoir le collier que lui envoie son fils ?

— Donnez, donnez, chère enfant ! s’écria-t-elle vivement ; tout ce qui vient de lui a du prix pour moi.

La jeune femme sortit de dessous sa robe de calicot rayé un carré d’écorce large comme la main et le lui présenta.

Mme Guillois le prit curieusement. Ne sachant pas ce que signifiait ce cadeau, elle le tourna et le retourna dans ses mains, tandis que le Rayon-de-Soleil la regardait avec attention.

Soudain les traits de la vieille dame brillèrent, et elle poussa un cri de joie ; elle venait d’apercevoir quelques mots tracés dans l’intérieur de l’écorce avec la pointe d’un poignard.

— Ma mère est contente ? demanda le Rayon-de-Soleil.

— Oh ! oui ! répondit-elle.

Et elle lut avidement.

Le billet était court ; il ne contenait que quelques mots à peine, et cependant ces quelques mots comblèrent de joie la pauvre mère ; ils lui donnaient des nouvelles certaines de son fils.

Voilà ce qu’écrivait Valentin :