Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/331

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« Ma mère, ayez bon courage, ma santé est excellente.

« À bientôt.

« Votre fils qui vous aime,
« Valentin. »,

Il était impossible d’écrire une lettre plus laconique.

Mais au désert, où les communications sont si difficiles, on doit savoir gré à un fils de donner de ses nouvelles, ne serait-ce que par un mot.

Mme Guillois était ravie. Lorsqu’elle eut lu et relu la ligne tracée par son fils, elle se tourna vers la jeune femme.

— L’Araignée est-il un chef ? demanda-t-elle,

— L’Araignée est un des grands guerriers de la tribu, répondit le Rayon-de-Soleil avec orgueil ; l’Unicorne a en lui une grande confiance.

— Bon ! je comprends ; il vient ici, chargé d’une mission particulière ?

— L’Unicorne a chargé son ami de choisir vingt guerriers d’élite dans la tribu et de les lui amener.

Une idée soudaine traversa l’esprit de Mme Guillois.

— Le Rayon-de-Soleil m’aime ? lui demanda-t-elle.

— J’aime ma mère, répondit-elle avec sentiment ; son fils m’a sauvé la vie.

— Est-ce que ma fille ne s’ennuie pas de ne pas être auprès de son mari ? reprit la vieille dame.

— L’Unicorne est un grand chef ; lorsqu’il commande, le Rayon-de-Soleil se courbe et obéit sans murmurer : le guerrier est l’aigle fort et courageux, la femme est la colombe timide et craintive.

Il y eut un assez long silence, que le Rayon-de-Soleil interrompit enfin en disant avec un fin sourire.