Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/346

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— J’accompagnerai mon fils au camp de l’Unicorne, dit-il.

La conversation continua encore quelque temps entre les deux hommes.

Enfin, lorsque la nuit fut noire, l’Araignée prit congé du sorcier et, suivant sa coutume depuis le commencement du voyage, il alla se coucher en travers de l’entrée de la hutte dans laquelle reposaient les deux femmes, et il ne tarda pas à s’endormir.

Resté seul devant le feu, Nathan jeta autour de lui un regard investigateur.

Les sentinelles, immobiles comme des statues de bronze, veillaient appuyées sur leurs longues lances.

Toute fuite était impossible.

L’Américain poussa un soupir de regret, s’enveloppa dans sa robe de bison et s’allongea sur la terre en murmurant à voix basse :

— Bah ! demain il fera jour. Puisque j’ai réussi à tromper celui-là, pourquoi ne serais-je pas aussi heureux avec les autres ?

Et il s’endormit.


XXXI.

La Gazelle blanche.

La nuit fut tranquille. Dès que le soleil parut à l’horizon, tout fut en mouvement dans le camp pour les apprêts du départ.

Les chevaux furent sellés, les rangs se formèrent, les deux femmes sortirent de la hutte, vinrent se placer au milieu du détachement, et l’on n’attendait plus que l’ordre de se mettre en marche.