Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/354

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instant ; décidément, je ne suis pas en sûreté ici.

Il fit un pas pour entrer dans la forêt. En ce moment une lourde main tomba sur son épaule.

Il s’arrêta net en détournant la tête.

L’Araignée était à ses côtés.

— Où va donc mon père ? demanda le guerrier d’un ton narquois, moitié figue et moitié raisin, bien fait pour redoubler les craintes de l’Américain ; il se trompe sans doute ?

— Comment cela ? répondit Nathan, qui cherchait à reprendre son sang-froid.

— Du côté où va mon père on quitte le camp.

— Eh bien ?

— Mon père n’a-t-il pas demandé l’hospitalité au sachem ?

— Oui, certes.

— Alors, pourquoi part-il ?

— Qui vous dit que je m’en allais, guerrier ?

— Mais il me semble que la direction que vous suivez vous mène à la forêt.

— Je le sais bien, puisque je vais effectivement dans la forêt pour cueillir des plantes magiques afin de composer une grande médecine dont je veux faire offrande au chef pour le rendre invulnérable.

— Ooah ! fit l’Indien en écarquillant les yeux ; lorsque vous lui direz cela, je ne doute pas qu’il ne vous laisse aller où bon vous semblera.

— Hein ? suis-je donc prisonnier ?

— Nullement, mais l’ordre est donné que personne ne quitte le camp sans autorisation, et comme vous n’avez pas songé à faire lever cette consigne en votre faveur, je suis contraint, à mon grand regret, de l’exécuter.