Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/355

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Fort bien ! je reste, mais je me souviendrai de la façon dont les Comanches exercent l’hospitalité.

— Mon père a tort de parler ainsi, l’honneur de la nation exige que cette affaire se termine sans retard. Mon père va me suivre auprès du chef ; je suis certain qu’après une courte explication tout malentendu cessera entre nous.

Nathan flaira un piège ; l’araignée, en lui parlant, avait des façons patelines qui ne le rassuraient que médiocrement. La proposition qui lui était faite n’était nullement de son goût ; mais, comme il n’était pas le plus fort, que tout échappatoire lui manquait, il se résigna, quoique bien à contre-cœur, à suivre l’Araignée et à retourner à la hutte de l’Unicorne.

— Marchons, dit-il à l’Indien.

Nathan suivit silencieusement l’Araignée.

L’Unicorne était assis devant sa hutte, entouré des principaux chefs ; près de lui se tenait la Gazelle blanche appuyée sur le canon de son rifle dont la crosse reposait à terre.

Lorsque le prétendu sorcier arriva, les Indiens ne montrèrent ni par leurs gestes ni par le jeu de leur physionomie qu’ils sussent qui il était.

L’Américain promena un regard sournois sur l’assemblée.

— Je suis frit ! murmura-t-il tout bas, ils sont trop calmes.

Cependant il se plaça devant eux, croisa les bras sur sa poitrine et attendit.

Alors la Gazelle blanche leva la tête, et, fixant sur lui un regard implacable :

— Nathan, lui dit-elle d’un ton qui fit courir un