Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/356

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frisson de terreur dans ses veines, les chefs demandent que vous accomplissiez un de ces miracles dont les sorciers de leurs tribus ont le secret et dont ils sont si prodigues.

Tous les yeux se tournèrent vers l’Américain avec curiosité ; chacun attendait sa réponse afin de juger s’il était un homme de cœur ou un lâche. Celui-ci le comprit, il haussa les épaules avec dédain et répondit en souriant d’un air de mépris :

— Les Comanches sont des chiens et des vieilles femmes, les chasseurs de ma nation les chassent à coups de fouet. Eux qui se prétendent si fins, un blanc les a trompés, et sans vous, niña, le diable m’emporte s’ils m’auraient reconnu.

— Ainsi vous avouez que vous n’êtes pas un sorcier indien ?

— Oui, pardieu ! Cette peau indienne dont je me suis affublé sent trop mauvais, elle me pèse sur les épaules ; je la rejette pour reprendre ma personnalité que je n’aurais jamais dû quitter.

La Gazelle blanche se tourna en souriant vers l’Unicorne.

— Le chef voit, dit-elle.

— Je vois, répondit-il ; et s’adressant à l’Américain : Mon frère est un guerrier dans sa nation ? lui demanda-t-il.

Celui-ci ricana.

— Je suis, répondit-il intrépidement, fils du Cèdre-Rouge, l’implacable ennemi de votre race maudite ; mon nom est Nathan. Faites de moi ce que vous voudrez, chiens, mais vous n’arracherez pas une plainte de mes lèvres, une larme de mes yeux, un soupir de ma poitrine.