Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/357

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À ces hautaines paroles, un murmure de satisfaction parcourut les rangs des chefs.

— Ah ! dit l’Unicorne à qui la Gazelle blanche avait parlé à l’oreille. Que venait donc faire le fils du Cèdre-Rouge dans le camp des Comanches ?

— Je serais fort embarrassé de vous le dire, chef, répondit franchement le jeune homme. Je ne vous cherchais pas, je ne voulais que traverser vos lignes et m’échapper, voilà tout.

Un sourire d’incrédulité se dessina sur les lèvres de la Gazelle blanche.

— Nathan nous prend-il pour des enfants que l’on puisse tromper avec de pareilles sornettes ? dit-elle.

— Croyez ce que vous voudrez, cela m’est égal ; je vous ai répondu la vérité.

— Vous ne nous persuaderez pas que vous vous soyez introduit à l’aide d’un déguisement parmi vos ennemis sans vous en douter.

— By God ! vous y êtes bien, vous, niña ; l’un n’est pas plus extraordinaire que l’autre, je suppose. Du reste, je vous le répète, c’est le hasard qui a tout fait.

— Hum ! c’est peu probable ; votre père et vos frères se trouvent sans doute, toujours par suite du même hasard, aux environs, n’est-ce pas ?

— Quant à eux, je veux bien que le diable me torde le cou si je sais où ils sont en ce moment !

— J’attendais cette réponse de votre part ; malheureusement des guerriers ont été disséminés dans toutes les directions, et bientôt ils les trouveront.

— Je ne crois pas. Après cela, je m’en moque : tant mieux pour eux s’ils échappent, tant pis s’ils tombent entre vos mains !