Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/358

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— Je n’ai pas besoin, n’est-ce pas, de vous dire le sort qui vous attend ?

— Je le connais depuis longtemps : les dignes Peaux Rouges vont se divertir probablement à m’écorcher tout vif, à me brûler à petit feu, ou à me faire quelque autre gentillesse de leur façon. Grand bien leur fasse !

— Et si on vous donnait la vie sauve, vous ne consentiriez pas à révéler où se trouvent votre père et vos frères, ainsi que votre digne ami Fray Ambrosio ?

— Ma foi non. Voyez-vous, je suis un bandit sans foi ni loi, je vous l’accorde ; mais, niña, je ne suis ni un traître ni un délateur. Réglez-vous là-dessus, et si vous êtes curieuse de voir un homme bien mourir, je vous engage à assister à mon supplice.

— Eh bien ? demanda l’Unicorne à la jeune fille.

— Il ne veut pas parler, répondit-elle. Bien qu’il assure que non et qu’il montre une grande résolution, peut-être les tortures que vous lui ferez subir auront-elles raison de son courage, et consentira-t-il à parler.

— Ainsi, reprit le chef, l’avis de ma sœur est de…

— Mon avis, interrompit-elle vivement, est d’être sans pitié pour lui comme il l’a été pour les autres.

— Bon !

L’unicorne fit un geste en désignant l’Américain.

— Emmenez le prisonnier, dit-il, et que tout se prépare pour la torture.

— Merci ! répondit Nathan ; au moins vous ne me faites pas languir, c’est une consolation.

— Attends, pour te réjouir, que la première épreuve soit subie, lui dit ironiquement la Gazelle blanche.