Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/359

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Nathan ne répondit pas, et s’éloigna en sifflant entre ses dents emmené par deux guerriers.

Ceux-ci l’attachèrent solidement au tronc d’un mélèze et le laissèrent seul après s’être assurés que tout mouvement lui était interdit et que, par conséquent, toute fuite était impossible.

Le jeune homme les regarda s’éloigner, puis il se laissa tomber sur le sol en murmurant insoucieusement :

— Le déguisement était bon pourtant ; sans cette diablesse de femme, je suis certain qu’il aurait réussi.


XXXII.

Où Nathan se dessine.

Le Cèdre-Rouge, du haut de l’arbre où il était caché, avait aperçu son fils attaché au pied d’un arbre.

Cette vue l’avait subitement arrêté ; il se trouvait planer au-dessus du camp des Comanches, position des plus périlleuses, puisque le moindre faux mouvement, en révélant sa présence, suffisait pour le perdre.

L’un après l’autre, Sutter et Fray Ambrosio vinrent écarter les feuilles et regarder Nathan, qui, certes, était loin de se douter que si près de lui se trouvaient ceux qu’il avait quittés la veille.

Cependant l’ombre envahit peu à peu la clairière, et bientôt tous les objets furent confondus dans l’obscurité, rendue plus épaisse encore par la lueur des feux allumés de distance en distance et qui répandaient autour d’eux une lumière incertaine.

Le squatter n’aimait pas son fils ; cet homme était