Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/360

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incapable d’éprouver deux sentiments d’amour à la fois : toutes ses affections s’étaient concentrées sur Ellen. La vie et la mort de Nathan, au point de vue de l’amour paternel, lui importaient donc fort peu ; mais dans la situation où sa mauvaise étoile le plaçait, il regrettait son fils comme on regrette un bon compagnon, un homme résolu et adroit tireur, un individu, enfin, sur lequel, dans un combat, on pouvait compter.

Nous n’avons pas besoin d’insister ici sur le caractère résolu du Cèdre-Rouge, le lecteur le connaît. Dans cette circonstance, une idée étrange lui traversa la cervelle ; et, comme toujours, lorsqu’une fois il avait pris une résolution, rien ne devait plus l’arrêter et il devait braver tous les périls afin de la mettre à exécution.

Le Cèdre-Rouge avait résolu de délivrer son fils, non pas, nous le répétons, par amour paternel, mais afin d’avoir un bon rifle de plus, au cas probable où il lui faudrait combattre.

Mais ce n’était pas chose facile que de délivrer Nathan. Le jeune homme était loin de se douter qu’au moment où il n’attendait plus que la mort, à quelques pas de lui à peine son père préparait tout pour sa fuite. Cette ignorance pouvait compromettre le succès du hardi coup de main que voulait tenter le squatter.

Celui-ci, avant que de rien entreprendre, appela auprès de lui ses deux compagnons et leur communiqua son projet.

Sutter, aventureux et téméraire comme son père, applaudit à sa résolution ; il ne voyait dans cette hardie entreprise qu’un bon tour à jouer à ses ennemis