Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/36

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Les deux hommes piquèrent leurs chevaux et galopèrent silencieusement à côté l’un de l’autre.

Ils coururent ainsi pendant un quart d’heure à peine, se dirigeant vers un épais taillis qui bordait la rivière.

— Nous sommes arrivés, dit Valentin en arrêtant son cheval et mettant pied à terre ; descendez, seulement laissez-moi passer le premier, car il se pourrait fort bien que la grotte dans laquelle nous allons nous introduire possédât déjà un habitant peu soucieux de nous céder la place, et il est bon d’agir avec prudence.

— Que voulez-vous dire ? De quel habitant pensez-vous parler ?

— Dam ! je ne sais pas, moi, répondit insoucieusement le Français ; dans tous les cas, il est bon d’être sur ses gardes.

En disant cela, Valentin sortit de dessous son zaropi deux torches de bois-chandelle et les alluma ; il garda l’une, donna l’autre à don Pablo, et les deux hommes, après avoir eu soin d’entraver leurs chevaux afin qu’ils ne s’éloignassent pas, écartèrent les broussailles et s’avancèrent résolument vers la grotte.

Après avoir marché pendant quelques pas, ils se trouvèrent subitement à l’entrée d’une de ces magnifiques grottes naturelles formées par les convulsions volcaniques si fréquentes dans ces régions.

— Attention ! murmura Valentin à voix basse à son compagnon.

L’apparition subite des deux hommes effraya une nuée d’oiseaux de nuit et de chauves-souris qui, avec des cris aigus, se mirent à voler lourdement et à s’échapper de tous côtés.

Valentin continua sa route sans s’occuper de ces