Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/385

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Alors tout lui fut révélé.

— Morts ! dit-elle ; il les a assassinés ! Quelle puissance diabolique possède donc cette race de réprouvés !

Après un moment d’accablement, elle se redressa avec fureur et s’élança à travers le camp en criant d’une voix stridente :

— Alerte ! alerte ! guerriers, le prisonnier s’est enfui !

Tout avait été immédiatement en rumeur. L’Unicorne, un des premiers, avait saisi ses armes et s’était élancé vers elle en lui demandant la cause de ces cris insolites.

En quelques mots la Gazelle blanche l’avait mis au courant, et l’Unicorne, plus furieux qu’elle-même, avait éveillé ses guerriers et les avait disséminés dans toutes les directions à la poursuite de Nathan.

Mais nous savons que, provisoirement du moins, le fils du squatter n’avait rien à redouter de cette vaine recherche.

Cette fuite miraculeuse d’un homme au milieu d’un camp rempli de guerriers, sans avoir été aperçue par les sentinelles, avait quelque chose de tellement extraordinaire, que les Comanches, superstitieux comme tous les Indiens, n’étaient pas éloignés de croire à l’intervention du génie du mal.

Cependant tout le camp était sens dessus dessous ; chacun courait dans une direction différente en brandissant des torches. Le cercle s’agrandissait de plus en plus ; les guerriers, emportés par leur ardeur, avaient quitté la clairière pour s’enfoncer dans la forêt.

Tout à coup un cri strident traversa l’espace.

Tous s’arrêtèrent comme par enchantement.