Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/413

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— Bien loin ?

— À deux pas d’ici.

— Si près ?

— C’est ce qui fera notre sécurité : jamais nos ennemis ne supposeront que nous ayons eu l’audace de nous cacher aussi près d’eux.

— C’est juste ; il faut nous y rendre alors.

— Quand il vous plaira.

— Tout de suite.

Le Cèdre-Rouge n’avait pas menti, il avait effectivement découvert un refuge qui offrait toutes les garanties de sécurité désirables ; si nous-mêmes, dans les prairies du Far West, nous n’en avions pas vu un tout à fait semblable, nous n’ajouterions pas foi à la possibilité d’un tel repaire.

Après avoir parcouru un espace d’environ cent cinquante mètres, le squatter s’arrêta au-dessus d’un chêne énorme mort de vieillesse et dont l’intérieur était creux.

— C’est ici, dit-il en écartant avec précaution la masse de feuilles, de branches et de lianes qui dissimulaient complètement la cavité.

— Hum ! fit le moine en se penchant à l’orifice du trou qui était noir comme un four ; c’est là-dedans qu’il faut descendre ?

— Oui, répondit le Cèdre-Rouge ; mais rassurez-vous, ce n’est pas très-profond.

Malgré cette assurance, le moine hésitait toujours.

— C’est à prendre ou à laisser, reprit le squatter ; préférez-vous être découvert ?

— Mais nous ne pourrons pas nous remuer là-dedans.

— Regardez autour de vous.