Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/50

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zelle sur son lit de feuilles, et s’éloigna en poussant un cri d’épouvante.

— Non, dit-il, ce n’est pas possible, je me suis trompé, c’est une illusion, un rêve !

Après un instant d’hésitation, il se rapprocha de la jeune fille et se pencha de nouveau sur elle.

Mais cette fois ses manières avaient complètement changé ; autant il avait été brusque et brutal jusque-là, autant il était à présent rempli d’attentions pour elle.

Dans les diverses phases des événements dont la Gazelle avait été la victime, quelques-uns des boutons en diamants qui retenaient son corsage s’étaient détachés et avaient mis à nu sa poitrine ; le Blood’s Son avait aperçu pendu à son cou, par une mince chaîne d’or, un scapulaire en velours noir sur lequel étaient brodées en argent deux lettres entrelacées.

C’était la vue de ce chiffre mystérieux qui avait causé au Blood's Son la violente émotion à laquelle il était en proie.

Il prit le scapulaire d’une main tremblante d’impatience, brisa la chaîne et attendit qu’un éclair lui permît une autre fois de voir le chiffre et de s’assurer qu’il ne s’était pas trompé.

Son attente ne fut pas longue : au bout de quelques secondes à peine, un éclair éblouissant illumina la colline.

Le Blood’s Son regarda.

Il était convaincu : ce chiffre était bien celui qu’il avait cru voir.

Il se laissa tomber sur la terre, appuya sa tête dans ses mains et réfléchit profondément.

Une demi-heure se passa sans que cet homme à