Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/52

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L’effet en fut subit.

Les traits se détendirent, une couleur rosée envahit le visage, la Gazelle blanche entr’ouvrit faiblement les yeux et murmura d’une voix brisée :

— Mon Dieu ! où suis-je ?

— Elle est sauvée ! fit le Blood’s Son avec un soupir de joie en essuyant la sueur qui inondait son front.

Cependant, au-dehors, l’orage était dans toute sa fureur.

Le vent secouait avec rage le misérable hangar, la pluie tombait à torrents, et le tonnerre roulait dans les abîmes du ciel avec un fracas horrible.

— Une belle nuit pour une reconnaissance ! murmura le Blood’s Son.


V.

L’hacienda Quemada.

C’était un groupe étrange que celui formé par cette charmante créature et ce rude coureur des bois, au sommet de cette colline dévastée, troublée par la foudre et illuminée d’éclairs fulgurants.

La Gazelle blanche était retombée pâle et inanimée.

Le Blood’s Son scruta de l’œil les profondeurs de la nuit, et, rassuré par le silence, il se pencha une autre fois sur la jeune fille.

Pâle comme un beau lis abattu par la tempête, les yeux fermés, la pauvre enfant ne respirait plus.

L’inconnu la souleva dans ses bras nerveux et la transporta auprès d’un pan de mur ruiné, au pied