Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/73

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Les chasseurs passèrent la nuit à faire des outres avec des peaux de bisons ; ils enduisirent les coutures de graisse, afin qu’elles ne laissassent pas filtrer le liquide, et ils eurent en peu de temps une provision considérable d’eau.

Au lever du soleil, Valentin remonta à son observatoire, et jeta un long regard dans la plaine afin de s’assurer que le désert conservait son calme et sa solitude.

— Pourquoi nous avez-vous donc fait percher comme des écureuils sur ce rocher ? lui demanda tout à coup le général Ibañez.

Valentin étendit le bras.

— Regardez ! lui répondit-il ; que voyez-vous là-bas ?

— Hum ! pas grand’chose, un peu de poussière, je crois, fit insoucieusement le général.

— Ah ! reprit Valentin, fort bien, mon ami ; et savez-vous ce qui occasionne cette poussière ?

— Ma foi non, je vous l’avoue.

— Eh bien, moi, je vais vous le dire : ce sont les Apaches.

— Caramba ! Vous ne vous trompez pas ?

— Vous verrez bientôt.

— Bientôt ! se récria le général. Supposez-vous donc qu’ils se dirigent de ce côté ?

— Au coucher du soleil ils seront ici.

— Hum ! Vous avez bien fait de prendre vos précautions ; alors, compagnon, cuerpo de Cristo ! nous allons avoir fort à faire avec tous ces démons rouges.

— C’est probable, fit Valentin en souriant ; et il descendit la cime du tombeau où il était resté jusqu’alors.