Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/79

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ceux-ci parurent bientôt, accompagnés de leurs joueurs de chichikoués et de tambours.

Ces guerriers étaient au moins cinq cents, tous beaux et bien faits, revêtus de riches costumes, tous parfaitement armés et offrant à des yeux prévenus l’aspect le plus effrayant qui se puisse voir.

Le chef, qui arrivait avec cette troupe nombreuse, était le Chat-Noir.

Nous expliquerons en quelques mots l’arrivée de ce chef avec sa tribu parmi ses frères apaches, arrivée qui peut sembler extraordinaire après le rôle joué par le Chat-Noir dans l’attaque du camp du squatter.

Le Cèdre-Rouge avait été surpris par les chasseurs au milieu de la nuit. Le feu avait, dans les premiers moments, été mis au camp par les assaillants.

Le tremblement de terre était venu compliquer si bien la situation, que nul des gambusinos ne s’était aperçu de la trahison du Chat-Noir, qui, de son côté, dès qu’il avait eu enseigné la position des gambusinos, s’était borné à lancer ses guerriers en avant, tout en se gardant bien de donner de sa personne et restant, au contraire, à l’arrière-garde, de façon à ne pas se compromettre et pouvoir, le moment venu, prendre le parti qui lui conviendrait le mieux.

Sa ruse avait eu la plus complète réussite. Les gambusinos, attaqués de tous les côtés à la fois, n’avaient songé qu’à se défendre le mieux possible, sans avoir le temps de reconnaître si dans les rangs de leurs ennemis se trouvaient des transfuges de leurs alliés.

Aussi le Chat-Noir fut-il parfaitement reçu par Stanapat, heureux du secours qui lui arrivait.

Pendant le cours de la journée, d’autres troupes entrèrent successivement dans le camp, si bien qu’au