Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/94

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il n’a pas craint la mort ! Il sait qu’elle n’est pas, puisqu’il doit renaître dans ton sein !

« Wacondah ! Wacondah ! reçois ce guerrier.

« Il était juste ! Le sang coulait rouge et limpide dans son cœur ! Les paroles que soufflait sa poitrine étaient sages !

« Wacondah ! Wacondah ! reçois ce guerrier. C’était le plus grand, le plus célèbre de tes enfants comanches !

« Wacondah ! Wacondah ! reçois ce guerrier. Vois combien de chevelures il porte à sa ceinture !

« Wacondah ! Wacondah ! reçois ce guerrier ! »

Les chants et la danse durèrent jusqu’au lever du soleil.

Dès que le jour eut paru, sur un signe de l’Unicorne, la ronde s’arrêta.

— Notre père est parti, dit-il, son âme a quitté son corps, qu’elle avait trop longtemps habité, pour choisir une autre demeure. Donnons-lui une sépulture convenable à un aussi grand guerrier.

Les préparatifs ne furent pas longs.

Le cadavre de la Panthère-Bondissante fut lavé, peint avec soin, puis enterré assis avec ses armes de guerre ; le dernier cheval qu’il avait monté et ses chiens, égorgés sur la fosse, furent placés auprès de lui, puis on éleva une hutte d’écorce d’arbre au-dessus du tombeau, afin de le préserver de la profanation des bêtes fauves.

Au sommet de la hutte on planta une longue perche surmontée des scalps pris par le vieux guerrier à l’époque où, jeune et plein de force, il guidait les Comanches au combat.

Le Chat-Noir avait assisté avec un respect et un