Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/98

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— Essayons, dit–elle.

Par un mouvement fébrile elle prit le papier des mains du Rayon-de-Soleil, écrivit quelques mots à la hâte et le rendit à la jeune Indienne, toujours immobile et impassible devant elle.

Le Rayon-de-Soleil roula le papier, l’attacha avec soin autour du bois d’une flèche.

— Dans une heure il sera à son adresse, dit-elle.

Et elle disparut dans le bois avec la légèreté d’une biche effarouchée.

Ce petit manège avait duré moins de temps qu’il ne nous en a fallu pour le rapporter.

Dès que l’Indienne avertie de longue main par le Chat-Noir du rôle qu’elle devait jouer fut partie pour s’acquitter de son message :

— Voyons, dit le chef, nous ne pouvons les sauver tous, mais au moins j’espère que ceux qui nous sont chers échapperont.

— Dieu veuille que vous ne vous trompiez pas, mon père ! répondit la jeune fille.

— Wacondah est grand ! Sa puissance est sans bornes, il peut tout ; que ma fille espère !

Alors il y eut entre les deux interlocuteurs une longue conversation à la suite de laquelle la Gazelle glissa inaperçue entre les arbres et se rendit à une colline peu distante du poste occupé par les blancs, nommée la colline de l’Elk, où elle avait donné rendez-vous à don Pablo.

À la pensée de se retrouver en présence du Mexicain, la jeune fille était, malgré elle, en proie à une émotion indéfinissable.

Elle sentait son cœur se serrer ; tous ses membres étaient agités de mouvements convulsifs.