Page:Aimard - La Loi de Lynch, 1859.djvu/99

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Le souvenir de ce qui s’était passé entre elle et lui, il y avait si peu de temps, jetait encore le trouble dans ses idées et lui rendait plus difficile la tâche qu’elle s’était imposée.

Eu ce moment ce n’était plus la rude amazone que nous avons représentée à nos lecteurs, qui, aguerrie depuis son enfance aux scènes terribles de la vie des prairies, bravait en se jouant les plus grands périls.

Elle se sentait femme ; tout ce qu’il y avait de viril en elle avait disparu pour ne plus laisser qu’une jeune fille, timide et craintive, qui tremblait de se retrouver face à face avec l’homme qu’elle se reprochait d’avoir si cruellement outragé et qui, peut-être, en la voyant ne voudrait pas condescendre à entrer en explication avec elle et lui tournerait le dos sans lui répondre.

Toutes ces pensées et bien d’autres encore tourbillonnaient dans son cerveau, tandis que d’un pas furtif elle se dirigeait vers le lieu du rendez-vous.

Plus elle approchait, plus ses craintes étaient vives, car son esprit frappé lui retraçait avec plus de force l’indignité de sa conduite antérieure.

Enfin elle arriva.

Le sommet de la colline était encore désert.

Un soupir de soulagement s’échappa de sa poitrine oppressée, et elle rendit grâce à Dieu qui lui accordait quelques minutes de répit pour se préparer à l’entretien solennel qu’elle avait elle-même demandé.

Mais le premier moment passé, une autre inquiétude la tourmenta : elle craignit que don Pablo ne voulût pas se rendre à son invitation et méprisât la chance de salut qu’elle lui offrait.

Alors, la tête penchée en avant, les yeux fixés dans