Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/100

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— Allons voir cette merveille ! s’écria-t-elle vivement.

— Ne vous donnez pas cette peine, dit l’hôtelier, on va l’amener ici.

Il donna un ordre à un valet, et au bout de cinq minutes, la berline, sortie de la remise, était amenée par les brancards devant l’hôtelier ; on prit des lanternes et on examina la voiture.

Par hasard, l’hôtelier avait dit vrai, la voiture était solide et presque neuve.

— Je la prends, dit la marquise après un sérieux examen, vous la mettrez sur la note, ajouta-t-elle en riant.

— À quelle heure voulez-vous les chevaux de poste, monsieur ?

— À midi, s’il est possible.

— À midi la voiture sera attelée et vous attendra.

— Maintenant, allons souper, vous savez, don Luis, qu’il faut que je retourne chez moi.

— Comment, cette nuit ?

— Bah ! ce n’est qu’une promenade, Bajazet me ramènera en dansant ; êtes-vous content de lui !

— C’est une bête admirable, un véritable barbe.

— À la bonne heure, je vois que vous vous connaissez en chevaux ; mais nous voici chez vous, entrons, s’il vous plaît ?

Tout en causant, ils avaient monté le premier étage d’un large escalier de pierre, et s’étaient arrêtés devant une porte ayant un numéro 2 peint en blanc sur un de ses panneaux.

Les voyageurs entrèrent dans une grande pièce, assez convenablement meublée, et au milieu de laquelle se trouvait une table ronde, sur laquelle le couvert était mis pour deux personnes. Selon la coutume espagnole, tous les plats composant le souper étaient sur la table, posés sur des réchauds.

— Mon domestique servira, dit don Luis au valet qui les avait suivis, en portant la valise.